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Mardi je donne

Gagner la Coupe Wilson

Chaque partie de basketball est composée des centaines de petits moments. Les joueurs s’aident à se relever du sol, se tapent dans la main sur le banc, se réunissent pour se regrouper. Quand ces moments se retrouvent dans l’un des matchs les plus importants de votre carrière – un match qui a marqué l’histoire, à quel point restent-ils graver dans votre mémoire? Johnny Berhanemeskel, Gabriel Gonthier-Dubue et James Derouin se remémorent quelques-uns de ces moments du 2 mars 2014 lorsqu’Ottawa a remporté la Coupe Wilson.

Vers la fin du quatrième quart, Carleton menait 75-65. « À un moment donné, c’est assez les défaites », mentionne Gonthier-Dubue. « Je n’aurais pas pu me regarder dans le miroir à la fin du match et réaliser que je n’avais pas tout donné, alors j’ai décidé d’en donner encore plus parce que je savais que nous étions meilleurs qu’eux et que nous pouvions gagner le match. »

Le joueur de centre de quatrième année qui n’avait jamais battu les Ravens a obtenu un rebond offensif et a réussi un panier en sautant pour porter la marque à 75-72. Il en a réussi un autre à 22 secondes de la fin pour donner l’avance 76-75 à Ottawa.

Rapidement et efficacement, Tyson Hinz de Carleton a marqué pour reprendre les devants 77-76. Lors d’un temps d’arrêt, les caméras de télévision de Sportsnet ont clairement capté James Derouin qui présentait à son équipe le jeu qui lui ferait gagner le match.

« Je me souviens d’avoir commencé le temps d’arrêt et que l’entraineur s’est assuré que nous étions tous calmes et sereins parce que nous avions encore une chance de gagner le match », note Berhanemeskel. « C’était intense parce que nous venions de combler un déficit de 10 points et nous ne voulions pas laisser le match nous échapper. Il nous restait une chance, alors l’entraineur nous a simplement mis dans une bonne position et m’a mis à un bon endroit pour réussir le panier. »

« Je me rappelle très bien ce temps d’arrêt pour une raison quelconque. C’est l’un de ces moments où tu as le sentiment que quelque chose de gros va arriver », indique Derouin.

Les Gee-Gees sont retournés sur le terrain et ont exécuté le jeu : ils ont mis le ballon entre les mains de Berhanemeskel. Après quelques dribles rapides vers la droite, il s’est tranquillement dirigé vers la gauche et s’est approché de la ligne des lancers francs. Il s’est propulsé dans les airs et il a réussi son lancer tout en provoquant une faute. Parmi les cris, le sifflet a retenti, mais personne ne l’a entendu.

« Au départ, je croyais que le match était terminé quand j’ai vu la foule courir sur le terrain. Même s’ils ont ajouté du temps au cadran, je savais que ce jeu avait scellé l’issue du match », souligne Gonthier-Dubue, qui a été le premier à soulever Berhanemeskel du sol avant d’être rejoint par ses coéquipiers.

« Tu sors en quelque sorte de ton corps, il y avait tant d’énergie et d’émotion dans le gymnase. Tout le monde était fou », se rappelle Berhanemeskel, qui a fait preuve de bravoure dans la mêlée d’athlètes et de partisans qui ont accouru sur le terrain.

« J’essayais simplement de faire partir tout le monde qui était sur le terrain », note Derouin qui a vu ses joueurs suppléants bondir sur le terrain et se dépêcher pour retourner aussi vite sur le banc. « J’espérais que les arbitres n’allaient pas trop réagir. Tout le monde pensait que le match était terminé »

Puis, un moment étrange est survenu. Berhanemeskel s’est approché de la ligne des lancers francs pour réaliser son seul lancer, mais on lui a demandé d’écouler la 0,5 dernière seconde en le ratant. Le meilleur marqueur d’Ottawa ne sait pas comment manquer ses lancers. Les émotions ont à nouveau monté lorsque Carleton a récupéré le ballon et a obtenu une dernière chance.

« Je ne m’attendais pas à ça », dit Derouin en riant. « Johnny est tellement un bon tireur. Je ne ferai surement plus jamais ça. Mais avec Carleton et sa séquence, tu ne veux pas lui donner une autre chance, même avec 0,5 seconde. »

C’est Gonthier-Dubue qui a eu la tâche d’arrêter cette dernière chance de Carleton. Il a fait son travail, et les Gee-Gees ont envahi le terrain, pour vrai cette fois.

« C’était incroyable de voir tous nos partisans, les anciens et nos anciens coéquipiers célébrer avec nous au milieu du terrain », se souvient Gonthier-Dubue qui, comme co-capitaine avec Berhanemeskel, a reçu le trophée. « Prendre et embrasser le trophée sera sans aucun doute un moment que je n’oublierai jamais. »

« Après le match, le terrain était inondé d’anciens Gee-Gees », note Derouin. « C’était comme s’ils savaient que quelque chose de spécial allait se produire. Des gars étaient venus d’Ottawa et d’autres de Toronto. Pour moi, c’est très spécial. Tout le monde était impliqué dans la victoire. »

Un ancien en particulier a vécu une expérience spéciale ce soir-là. Dans le vestiaire, l’équipe s’est rassemblée avec le trophée. L’entraineur adjoint Clarence Porter, qui avait soulevé la Coupe Wilson en tant que joueur des Gee-Gees en 1992-1993, a affiché un grand sourire et il a dit à la Coupe : « Tu m’as manqué! » Puis tout est devenu un peu confus.

Après 21 ans d’absence, la Coupe Wilson habite maintenant dans le vestiaire des Gee-Gees au pavillon Montpetit. Les joueurs et le personnel la voient chaque jour. « Quand je regarde la Coupe Wilson, ça me rappelle à quel point ce match a été gratifiant et je vois tout le progrès qu’a fait notre équipe au cours des dernières années. Nous pourrons sans doute en profiter plus dans quelques années, mais c’est maintenant le moment de retourner au travail », soutient Berhanemeskel.

« Quand je la vois, je pense à tout le travail et les sacrifices que nous avons dû faire pour atteindre cet objectif, mais je vois aussi la place vide à côté de la Coupe Wilson où nous pouvons mettre le trophée McGee », ajoute Gonthier-Dubue.